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 Empire moghol

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MessageSujet: Empire moghol   Lun 17 Mai 2010 - 21:04

L'empire moghol était l'un des 3 grands empires musulmans du XVIIe s (avec l'empire séfévide perse et l'empire ottoman turc) et l'un des deux sunnites (l'autre étant l'empire ottoman) et le seul à devoir composer avec une importante population d'une autre religion (les Hindous). Ce fut une période de prospérité pour l'Inde. En effet, selon l'économiste maddison, l'empire moghol était alors la deuxième puissance économique mondiale après la Chine des Mings puis des Qings. Il faut savoir que si on prend l'inde au sens large -le monde indien, cad l'inde, le pakistan, le bangladesh actuels- celui-ci a été à la 1ere place mondiale pendant la majorité des 20 derniers siècles. Seulement, comme il a très rarement été unifié -durant la période moghole et britannique- l'empire de Chine -souvent unifié- a été l'Etat le plus riche du monde durant la majorité de ces siècles. En effet, jusqu'aux XIXe siècle, toutes les économiques quasiment sont fondées sur la subsistance, ce qui veut dire que l'Etat le plus riche (celui dont la production a le plus de valeur monétaire agrégée) est logiquement tout simplement le plus peuplé (cad le plus souvent la Chine, parfois l'inde quand elle a été unifiée). Cela ne signifie pas (comme nous le verrons) que ces pays ont le niveau de développement technologique, ni même le niveau de vie les plus élevés. On a là toutes les limites du PIB. Mais cessons donc ces considérations techniques et lançons nous dans l'Histoire de cet empire moghol.



Le Taj mahal, bâti entre 1632 et 1653.


Dernière édition par clems l'Unique le Mar 18 Mai 2010 - 16:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Lun 17 Mai 2010 - 21:13

Histoire

La dynastie moghole était de racines turco-mongoles et persanes (et aucunement indienne donc). Le premier empereur Moghol de l'Inde, Babur, était un descendant du turco-mongol Tamerlan, et du mongol Gengis Khan. L'inde sur laquelle il s'apprêtait à déferler était déjà en grande partie entre les mains des musulmans, ceux du sultanat de Delhi. L'Islam avait pénétré dans le sous-continent indien dès le VIIIe s, et les arabes avaient vaincu plusieurs princes indiens pour imposer leur propre pouvoir. Babur vainquit le sultan à la première bataille de Panipat (1526) puis les Rajputs hindous à Khanwa (1527). Son successeur Humayun n'eu pas le même succès car il fut vaincu par l'Afghan Sher Shah et perdit momentanément son empire dès 1540. En 1554, il s'exila à la cour des séfévides en perse. Un an plus tard, profitant de la mort de Sher Shah, il reprit Delhi. Son successeur Akbar (jalaluddin de son vrai nom) fut un formidable guerrier. Il prit le pouvoir en 1556 et à 22 ans, avait déjà remporté 18 victoires. Ce fut aussi un administrateur efficace mais très centralisateur, qui posa les jalons d'une bureaucratie performante, et n'hésita pas à s'entourer de conseillers et d'officiers Hindous. Sa tolérance était certes exceptionnelle, puisqu'il alla jusqu'à promouvoir un syncrétisme entre les cultures musulmanes persanes (bien que sunnites, les moghols étaient de culture largement inspirée par la perse) et hindoues. Sur le plan religieux, en revanche, ce syncrétisme ne se fit pas, les musulmans ayant conscience du fossé séparant leur religion de celles de leurs interlocuteurs hindous. Il commença d'ambitieuses réformes en 1572 : l'empire (alors une partie du nord de l'inde) fut divisé en 12 provinces,chacune ayant à sa tête un gouverneur, assisté d'un Diwan (chargé de l'impôt) et un Sadr (chargé des affaires religieuses). Si Akbar imposa le persan comme langue, il ne suivit pas la loi islamique avec beaucoup de zèle, ce qui lui attira les reproches de nombreux experts musulmans du droit. Sa réponse fut simple : l'islam perdit son statut de religion officielle, demeurant uniquement la religion du souverain. La capitale moghole devint la ville de Lahore, qui demeure aujourd'hui la capitale culturelle du pakistan avec de très nombreux monuments. Mais Delhi resta l'un des grands centres de l'empire.

Babur :


Akbar:


Ici, l'expansion progressive de l'empire :


Akbar mourut à la tête d'un empire consolidé en 1605 comprenant le nord de l'inde (soit le nord de l'union indienne, le pakistan, le bangladesh actuel => voir carte). Le siècle qui commençait alors allait être une période de splendeur rarement égalée dans l'histoire de l'inde. Jahangir, le nouveau souverain poursuivit l'expansion vers le sud, en vainquant le royaume Mewar, et en prenant le fort Kangra en 1620, qua Akbar n'avait jamais réussit à emporter. Toutefois, loin d'être comme son père un grand guerrier et réformateur, il développé un goût prononcé pour le luxe et voulut faire de son empire une oasis de raffinement. Appréciant peu le climat chaud de Delhi, il partait souvent en retraite au Cachemire, un lieu qui devint selon certains un paradis sur terre. Un temps tenté par une conversion au catholicisme, il renonça pour éviter de tomber sous la coupe des portugais qui avaient d'importants comptoirs en inde.
En 1627, Shah Jalan-un des très nombreux petit-fils et préféré d'Akbar- devint souverain au terme d'une lutte impitoyable contre d'autres prétendants. Il établit sa capitale à (de nouveau) Delhi, fit bâtir le Taj mahal entre autres merveilles (je parlerais de l'architecture dans la section culture, avec des photos) et poursuivit l'expansion de son empire. Grand souverain, il dirigea son pays d'une main de fer : il n'hésita pas à renvoyer ses conseilles sunnites orthodoxes les plus stricts, mais dans le même temps, il détruisit aussi des temples hindous en 1632. Méfiant envers ces paiens, il ordonna la construction de nombreuses mosquées et lança des mesures discriminatoires (les hindous devaient boutonner leurs tuniques à gauche, les musulmans à droite). Il tint également à maintenir les européens, alors essentiellement les portugais, à distance. En 1635, Shah Jalan avait battu l'insurrection de Khan Jahan lodi, l'Etat d'Ahmednagar et le sultanat de Golconda. Tous ces Etats du sud de l'Inde devinrent dans un premier temps de simple Etats tributaires.
Shah Jahan grand admirateur de son ancêtre Tamerlan (qui avait fondé l'empire timouride au XIVe siècle, environ 3 siècles plus tôt, en asie centrale puis avait conquis la perse, une partie de la turquie et de l'inde), décida de reprendre sa capitale de Samarcande en Asie centrale. Mais ce fut cette fois un échec cuisant : les ouzbeks repoussèrent les moghols loin de la "perle bleue de l'asie" (appelée ainsi pour la teinte bleue de sa mosquée).

Jahangir:


Le fort Kangra : la grande conquête de Jahangir


Shah Jahan :




En 1657, après 30 ans de règne, Shah Jahan devint sérieusement malade et fut déposé un an plus tard. Ses quatre fils voulaient hériter de son prestigieux empire qui avait été largement embelli de monument incomparables (voir section culturelle). L'Inde présentait alors un visage extraordinaire pour les visiteurs étrangers, et était de plus une plaque tournante du commerce mondial : portugais, perses, chinois ou arabes venaient y échanger leurs plus beaux produits. Ce fut le grand stratége Aurangzeb qui prit le pouvoir. En juin 1658, il emprisonna son père (qui mourut 8 ans plus tard). Au début des années 1660, il avait vaincu tous ses ennemis (notamment ses frères), et entama son règne. Aurangzeb, sixième empereur de la dynastie, tranchait avec ses prédécesseurs : il était austère, ascétique même. Sa seule parure, disait-on, était sa splendide épée. Grand guerrier comme ses prédécesseurs, il ne manifestait en revanche aucun goût pour l'art et la vie à la cour, préférant le tumulte des campagnes militaires. Il était également extrêmement pieux, et son règne vit la renaissance d'un sunnisme très orthodoxe et conservateur. Cela mécontenta certains de ses importants subordonnés. En effet, les Rajputs, cette classe guerrière (plus ou moins semblables aux samourais) hindoue avait contracté une alliance avec Akbar, et était resté fidèle au grand empereur moghol. En échange, de nombreux postes de gouverneurs et d'officiers (civils ou militaires) de haut rang leur avaient été attribués. En conséquence, ils maintinrent voire renforcèrent leur domination sur leurs Etats princiers comme servant de la couronne. Mais en 1678, Aurangzeb voulut déposer un seul Raja. Finalement, les Rajputs, en protestation, se soulevèrent en masse. La lutte dura jusqu'en 1681, affaiblissant Aurangzeb. Alors le souverain, pour se renforcer, se lança à l'assaut du Sud extrême de l'inde en 1686 ou un soulèvement paysan hindou (les marathas) entendait mettre fin à la domination musulmane en inde. Aurangzeb parvint à étendre l'empire moghol jusqu'à la pointe sud de l'inde (1689), ce fut l'apogée territorial de l'empire. Mais les marathas, loin d'être vaincus, passèrent à une guerrilla intense. Et le monarque ne parvint jamais à les éradiquer.

Aurangzeb, dernier grand souverain moghol, meurt en 1707. Alors commence le déclin réel de l'empire. Certes, on avait remarqué depuis quelques années que la cour avait perdu beaucoup de son faste, que l'art moghol était décadent etc. mais on attribuait cela à l'austérité légendaire du sultan Aurangzeb. D'ailleurs, l'empire était étouffé par un important fondamentalisme religieux (par exemple, les soufistes, considérés hérétiques, en furent chassés), et les guerres successives avaient fortement réduit son trésor. Jusqu'à présent, l'empire avait reposé sur un équilibre habile entre le pouvoir central, incarné par la personne de l'empereur, et les potentats locaux (les rajas, seigneurs, les rajputs, leurs princes, les maharajas, grands seigneurs suzerains de rajas), acceptant d'être à son service, tout en ayant une large autonomie pour régler leurs affaires intérieures. Seulement , les nouveaux souverains,médiocres, ne parviennent plus à faire respecter leur autorité. Mais l'empire subit aussi des pressions de l'extérieurs. En 1739, le remarquable shah de perse Nader Shah (d'origine turkmène) surnommé "le napolélon de l'orient" (il avait déjà vaincu les ottomans et les afghans) écrasa une armée moghole à Karnal. En une journée, entre 20 000 et 30 000 indiens furent tués. De nombreuses richesses furent emportées d'Inde jusqu'en Perse, notamment le trône moghol. Puis, Ahmad Shah durrani (créateur d'un empire comprenant l'afghanistan,et une partie de l'iran actuelle) lança quatre expéditions contre les moghols entre 1749 et 1757. Il mis à sac plusieurs villes y compris Delhi, et prit des territoires à l'ouest. Au moment où il pénétra pour la première fois en inde, l'empire moghol n'était plus que l'ombre de lui-même : de nombreuses principautés qui le composaient s'étaient déclarés autonomes, avant de souvent tomber entre les mains des marathas. En réalité, les raids de Durrani sauvèrent le pouvoir musulman en inde : depuis els années 1720, les marathas hindous avaient pris de nombreux territoires : le deccan, malwa, Gujarat, Bundelkhand puis des régions du nord (le punjab, le bengale). Tous croyaient alors qu'ils formaient la puissance hindoue qui allait enfin mettre fin au règne des musulmans (datant pour de nombreuses régions du XIIe s) en inde. Mais si les raids de Durrani affaiblirent encore les moghols, ils mirent fin à la puissance des marathas en 1761 à la 3eme bataille de Panipat.

Les marathas à leur apogée (années 1750):



Cet effondrement généralisé et rapide des moghols au cours du XVIIIe s profitèrent à de nouveaux venus, qui s'immiscèrent dans le jeu politique indien : les Français et les britanniques. Ils s'engagèrent de plus en plus dans la lutte armée. Durant la guerre de sept ans, les britanniques prirent un avantage sur les Français. Puis profitant de l'extrême fragmentation de l'Inde (qui ne voit pas en l'Europe une menace potentiellement grave. Il est très important de comprendre ce point : jusqu'à très tard, pour les indiens, les ennemis sont d'abord les autres etats du pays, et ensuite et surtout les redoutables Afghans et perses), ils soumirent petit à petit les Etats princiers de l'inde (notamment l'Etat du nawab en 1757 ou le sultanat de Mysore qui tombe en 1799). Au cours de la seconde moitié du siècle, les moghols ne dirigeaient effectivement que la région de Delhi. Mais surestimant son autorité morale et officielle (sur les Etats princiers), les Anglais crurent bon de se battre au nom de la défense de l'empereur Moghol. Ils battirent ses principaux ennemis : les mysores en 1799, les Marathas définitvement anéantis en 1818...

Ainsi, en 1857, le dernier empereur moghol, bahadur shah, demeurait le seul prétendant au règne sur l'inde, lors de la révolte des cipayes (provoquées par des rumeurs sur l'utilisation de cartouches enduites de graisse de vache - sacrées pour les hindous- ou de porc -interdit aux musulmans). Ils voulurent ainsi le mettre au pouvoir, mais l'écrasement de la révolte provoqua sa chute, et les britanniques décidèrent désormais de gouvernent eux-mêmes l'Inde jusqu'à ce que finalement, en 1876, la reine Victoria ne devienne la nouvelle impératrice des Indes.


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MessageSujet: Re: Empire moghol   Lun 17 Mai 2010 - 22:52

Détail amusant : les monarques moghols descendaient aussi de Charlemagne : en effet, une princesse byzantine, elle même de la lignée de l'empereur d'occident par un complexe jeu d'alliance matrimoniales, fut prise pour épouse par un conquérant turc ancêtre de Babur.

Armée

Au début de leur conquête, dans les années 1520, les moghols doivent affronter des armées très nombreuses et armés d'éléphants mais pauvrement dotés en arme à feu. Profitant de l'expertise d'artificiers turcs, Babur utilisa des armes à feu. Mais sceptique sur l'utilisation des arquebuses, il privilégiait surtout l'utilisation de l'artillerie lourde. L'autre composante majeure de cette armée issue d'asie centrale : la cavalerie. Légère, rapide, terriblement efficace, elle fit des ravages dans les forces ennemies. L'armée, intégrant ensuite de nombreux éléments autochtones (comme l'utilisation d'éléphants de combat, ou l'intégration des rajputs, cette classe de nobles-guerriers), fut réorganisées pour pouvoir quadriller le nouvel empire. De nombreuses forteresses abritant des garnisons furent ainsi bâties. Mais une fois la conquête d'un territoire passé, l'armée moghole fut généralement d'un efficacité relative. Parmi ses défauts, on note une organisation peu moderne (la chaine de commandement reste centré autour de l'empereur mais diverses allégeances féodales ou purement militaires viennent la compliquer), une artillerie qui tend à devenir insuffisante (beaucoup plus que dans l'armée ottomane) ou encore une trop grande diversité (ethnique, religieuse, d'unités, d'armement etc).

L'armée d'Akbar était encore divisée en deux branches : l'armée permanente, et les unités fournies par les vassaux (commandés par les rajputs). Celles-ci, loin d'être de mauvaises troupes, étaient souvent très bien entretenues par leurs chefs, eux-mêmes des officiers chevronnés. Mais ce système restait semi-féodal (pour la seconde branche) en essence, ce qui empechait une standardisation de l'armée. De plus, ces unités étaient généralement loyales envers leur suzerain et non l'empereur. Les mousquetaires faisaient normalement partie de l'artillerie (et non de l'infanterie) dont il formait une des deux subdivisions (avec l'artillerie lourde). Outre les mousquetaires, l'armée comprenait de nombreux mousquetaires à cheval (12 000 en principe). Malgré le nombre important de mousquetaires, le prestige immense de la cavalerie et l'importance de l'artillerie, l'infanterie reste la "reine des batailles" et compose la majorité de l'armée moghole, dès la fin du XVIe s (ce qui se poursuit durant les deux siècles suivants). pour un pays riche et disposant d'une armée nombreuse mais n'étant pas passé au stade industriel, il est difficile de faire du mousquet une arme principale (cela explique le fait que l'armée française - 200 000 hommes en temps de paix en 1780- puisse armer en mousquets tous ses hommes alors que l'empire de chine - 800 000 réguliers et autant de miliciens en temps de paix- ne le peut pas à la même époque). Sans être aussi nombreuse que l'armée chinoise, loin de là (certes l'inde est peuplée mais le système militaire chinois est très différent : il n'y a pas de féodalisme donc l'armée régulière doit être plus importante), l'armée moghole est de celle qui peuvent aligner (tout au long des XVIIe et XVIIIE s) 100 000 hommes par bataille sans utiliser de conscription généralisée (c'est le nombre de soldats à karnal contre 55 000 perses à karnal en 1739 par exemple. Par comparaison, la bataille de Rossbach en 1757 oppose 22 000 prussiens à 42 000 Français, tandis que les effectifs totaux de l'armée britannique ne dépassent jamais 110 000 hommes, même en temps de guerre). Du reste, la qualité des mousquets indiens stagnent dans la seconde moitié du XVIIE s là ou celle des européens augmente.

Au final, l'armée moghole pouvait étonner à plus d'un titre : encore au XVIIIe s, alors que les armées européennes se standardisent, elles semblent une armée archaique : ses différents contingents arborent souvent des uniformes riches et magnifiques mais extrêmement divers (avec des unités plus ou moins homogènes), faits de très belles étoffes, de coiffes exotiques (turbans ou casque le plus souvent) mais aussi d'armures d'aspects parfois médievals. L'armement est également curieux, mélant artillerie lourde, mousquets, lances voire parfois sabres et boucliers (les armes blanches disparaissent définitivement des armées royales d'europe occidentale dès 1690 pour les précoces, vers 1700 pour les autres. Pour la suede et la russie, il faut attendre les années 1720 environ). Des réformes sont bien tentées par les empereurs du XVIIIe s pour renforcer une armée encore puissante mais de moins en moins efficace dans son rôle. Cet immobilisme, ainsi qu'une baisse généralisée du moral (la grande puissance de l'empire moghol était sa richesse, or les guerres d'Auragzeb l'épuise, tandis que la guerrilla des marathas pour les uns, la vie de garnison pour les autres démoralise les soldats) expliquent ensuite les défaites cuisantes qui attendant l'empire à partir de la fin des années 1730. L'armée moghole n'est par ailleurs par l'armée ottomane. Elle a été conçue pour affronter ses ennemis potentiels, cad les armées moins nombreuses et faiblement équipées en armes à feu (ce qui n'est pas forcément son propre cas par contre) des différents Etats de l'inde (alors que les ottomans combattent contre les européens). L'armée perse peut paraître une menace, mais en réalité, elle est elle aussi moins nombreuse que l'armée moghole, mais sa qualité est bonne (l'armée séfévide par exemple compte une proportion de mousquetaires non négligeables et compte beaucoup sur des guerriers confirmés voire des pros). Néanmoins, elle n'est pas vue comme une menace, d'autant que les relations avec la perse restent longtemps bonnes.

Selon moi, l'armée moghole est donc inférieure à l'armée ottomane sur plusieurs points : une artillerie plus faible, une moindre capacité d'adaptation (ce qui veut dire qu'elle conserve plus longtemps ses archaismes et ses armes dépassées), une marine squelettique (de nombreux petits navires de combats et transports mais aucun "monstre" ==> les moghols n'avaient guère d'adversaires maritimes), une structure semi-feodale (mais encore une fois, cela n'affectait pas la qualité des troupes mêmes, mais davantage la coordination entre les unités). Elle avait quelques avantages (une meilleure cavalerie, un nombre plus important de soldats, les éléphants de combat) mais d'après mon évaluation, l'empire ottoman était bien la première puissance militaire musulmane dès le XVIIe s (il suffit de voir que les avantages moghols concernent des armes "traditionnelles" de plus en plus obsoletes) et d'ailleurs le plus grand territorialement. Mais l'empire moghol était le plus riche (au niveau de la production) et de loin. Par ailleurs, ses réalisations architecturales, m'impressionnent personnellement plus que celles des ottomans.


Un officier de cavalerie moghol:



un rajput (fils de raja et guerrier):


scène de guerre moghole :


Des soldats moghols à l'époque d'Akbar (fin XVIe s : un officier d'infanterie, un artilleur, un milicien):


Armure moghole de cavalerie (XVI/XVIIIe s):


mousquetaire moghol :
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Mar 18 Mai 2010 - 0:07

Art

En premier lieu, l'architecture. Et là, des images valent mieux que des mots :

Quelque exemple de la période du grand empire unifié (jusqu'en 1707):

le taj mahal (1653) :


la mosquée badsahi de Lahore (1673) restée 313 ans la plus grande du monde après la mecque:


les jardins de Shalimar (1642). Là il faut vraiment que vous visitiez pour découvrir leur splendeur:


Entrée du fort de lahore (là aussi vous devez aller voir, surtout que le fort en lui-même est aussi immense et magnifique):


Entrée du fort rouge d'Agra :


Tombeau d'Humayun (années 1550):


Diwan I kass:


Mausolée d'Itimad-ud-Daula:


On prêtait toujours énormément attention aux jardins. On y plantait de nombreux arbres et l'eau y était omniprésente avec de nombreuses fontaines, de nombreux canaux permettant de mieux supporter la chaleur.

On retrouve également de bien curieux édifices au XVIIIe s mais cette fois-ci construits par les rajas et maharajas (ou les rajputs leurs fils) et non par le pouvoir moghol lui-même (tout en reprenant son architecture particulière):

le Hawa mahal (1799 : n'a pas été construit par un seigneur musulman, mais par un seigneur proclamé indépendant hindou mais selon l'architecture moghole) :


Fort de Nahargarth (1734 : construit par un seigneur hindou au service de l'empereur):


Mais la richesse de l'art moghol ne se cantonne pas à l'architecture. Les Moghols sont aussi connus pour la perfection de leur travail du jade comme l'attestent ces objets :




Le jade était un héritage de leurs ancêtre timourides. Mais l'os, l'ivoire ou le nacre était également très utilisés pour ces petits objets (manches de poignards ou de sabres; corne à poudre etc). Le travail du métal était également excellent, se rapprochant de celui des perses séfévides. En revanche, la céramique indienne était généralement de qualité médiocre, et on préférait utiliser celle importée de Chine. Le verre était souvent émaillé ou doré afin de donner une plus grande impression de raffinement.

Les moghols ont également introduit le tapis en inde. Proche des tapis perses, il devient un élément essentiel de décoration intérieure :






La peinture s'est essentiellement développée à partir de Akbar. Mais son fils Jahangir, très grand esthète, fait encore faire un saut qualitatif à la peinture moghole. Celle-ci est le plus souvent murale et d'influences multiples : perses et timourides mais aussi européennes à partir d'une certaine époque.

Peinture moghole du XVIe s :


Peinture moghole du XVIIe s:




Dernière édition par clems l'Unique le Lun 31 Mai 2010 - 22:44, édité 6 fois
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Alexandre Lys
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Mar 18 Mai 2010 - 5:14

Je m'étais jamais intéressé aux Mogols mais en voyant tout ça ça m'a donné envie Razz

Très bel exposé, 19/20 mon petit :lol!:
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Mar 18 Mai 2010 - 10:23

Langue

Au début de leurs règnes, les Moghols imposèrent le persan (avec forte influence arabe) comme langue. En effet, bien qu'essentiellement de généalogie turco-mongole, les Timourides s'étaient largement établis en perse et avaient pu goûter aux merveilles de la culture de cet empire. Mais à l'image de leur culture, la langue se mêla ensuite à des éléments autochtones et notamment à l'Hindi. Cela fit apparaître une nouvelle langue, l'ourdou (avec un alphabet perso- arabe), actuellement la langue la plus parlée au pakistan. Néanmoins, parler un persan plus pur était généralement considéré comme une marque de raffinement à la cour (un peu comme le Français en europe).

La littérature était tenue en haute estime par les moghols : Babur écrivit ses propres mémoires, et Akbar construisit de monumentales bibliothèques et écoles supérieures. Là encore, la littérature musulmane est très marquée par l'influence persane, que ce soit par la langue ou les codes. Mais des écrivains sunnites soufistes essaient de se différencier de cette tradition. La littérature moghole reste riche jusqu'à se chute officielle au XIXe s avec des écrivains comme ali mouhammad Khan par exemple. Même après sa chute, le poète national (et écrivain) du pakistan Mohamed Iqbal continuera de se revendiquer de la riche tradition littéraire moghole.
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Mar 18 Mai 2010 - 13:22

première scène de Mughal-e-Azam; l'un des plus grands succès de l'histoire de Bollywood et un film sur un conte populaire concernant l'empereur akbar et son fils, le futur jahangir.

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Celtiktom
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Mar 18 Mai 2010 - 14:49

oh que oui 19/20, ça les merites, complet, concis, enrichi de trés belles images, ma foi...chapeau bas.
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Sid Marcus
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Jeu 20 Mai 2010 - 4:57

Comment était administré l'Empire Moghol ?

Il t a eu plusieurs cohabitations entre les hindous et les musulmans dans le gouvernement, parfois cella a été admis et d'autres fois non, qu'est ce qui permettait le mieux d'assuré une certaine stabilité de l'Empire ?

L'armée Moghol n'a pas vaincu les Marathas parce qu'elle était moins puissante ou parce que les Marathas ont adopté une guerre de guérilla ?

Pourquoi avoir fais des forts imposants avec de grandes tours alors que l'on peut tout faire péter au canon plutôt que de construire des forts fais de manière plus allongé et plus bas (je ne parle pas forcément de Vauban dont les forts sont une réussite pour l'époque) ?

Quelle était les relations des pays Européens avec les Moghols et les Marathas (j'ai un doute que l'Angleterre n'ait pas essayé de semer la zizanie) ?
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Celtiktom
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Jeu 20 Mai 2010 - 5:15

Marcus a écrit:
Comment était administré l'Empire Moghol ?

Il t a eu plusieurs cohabitations entre les hindous et les musulmans dans le gouvernement, parfois cella a été admis et d'autres fois non, qu'est ce qui permettait le mieux d'assuré une certaine stabilité de l'Empire ?

L'armée Moghol n'a pas vaincu les Marathas parce qu'elle était moins puissante ou parce que les Marathas ont adopté une guerre de guérilla ?

Pourquoi avoir fais des forts imposants avec de grandes tours alors que l'on peut tout faire péter au canon plutôt que de construire des forts fais de manière plus allongé et plus bas (je ne parle pas forcément de Vauban dont les forts sont une réussite pour l'époque) ?

Quelle était les relations des pays Européens avec les Moghols et les Marathas (j'ai un doute que l'Angleterre n'ait pas essayé de semer la zizanie) ?

A ce que je sais (Clems, dis moi si je me trompe), donc, a ce que je sais, l'administration était dirigée par des mansabdars (ou mansabs) qui dirigé aussi une partie de l'armée, enfin, on ne dit pas Marathas mais Marathes, c'est le non français.
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MessageSujet: Re: Empire moghol   Ven 21 Mai 2010 - 20:32

Marcus a écrit:
Comment était administré l'Empire Moghol ?

Il t a eu plusieurs cohabitations entre les hindous et les musulmans dans le gouvernement, parfois cella a été admis et d'autres fois non, qu'est ce qui permettait le mieux d'assuré une certaine stabilité de l'Empire ?

L'armée Moghol n'a pas vaincu les Marathas parce qu'elle était moins puissante ou parce que les Marathas ont adopté une guerre de guérilla ?

Pourquoi avoir fais des forts imposants avec de grandes tours alors que l'on peut tout faire péter au canon plutôt que de construire des forts fais de manière plus allongé et plus bas (je ne parle pas forcément de Vauban dont les forts sont une réussite pour l'époque) ?

Quelle était les relations des pays Européens avec les Moghols et les Marathas (j'ai un doute que l'Angleterre n'ait pas essayé de semer la zizanie) ?

L'empereur Akbar a tenté de créer une nouvelle religion mêlant le dogme musulman avec des rituels hindous. Ses prédécesseurs, sans aller aussi loin, ont maintenu la tradition des rites hindous (mais non religieux : par exemple paraitre au balcon de son palais), jusqu'au fondamentaliste Aurangzeb à la fois plus austère et moins tolérant. La cour était essentiellement composée de musulmans, en revanche l'administration locale a largement été laissée aux mains de nobles hindous, issus de longues lignées de princes. Quant aux conseillers proches de l'empereur, cela dépendait du souverain. Les plus tolérants acceptaient des conseillers de toutes les confessions, les moins tolérants (aurangzeb) n'acceptaient même pas tous les musulmans (les soufistes par exemple).

Les marathas (ou marathe) ont d'abord adopté des stratégie de guerrilla mais au XVIIIe s devant la décomposition du pouvoir moghol, leurs rangs se sont grossis. ajoutez à cela la destruction d'une grande armée moghole (30 000 tués sur 100 000) par les perses...

Les moghols ont réussi à tenir à l'écart les européens au XVIIe s, sans grand conflit (ils ont même commercé avec eux). Mais les Français ont commencé à s'allier avec des Etats princiers au XVIIIe s alors que le pouvoir moghol reculait dans toute la péninsule. Inquiets, la compagnie britannique a vaincu ces Etats, grâce à son équipement très supérieur et à l'extrême morcellement des seigneureries et etats princiers indiens, désormais indépendants (certaines reconnaissant l'autorité officielle des moghols, d'autres non). Seul l'Etat de Mysore a posé plus de problème. Mais dans les années 1790, les britanniques recurent enfin des renforts, portant leurs troupes à 60 000 contre 35 000 pour mysore, et en 1799, la victoire fut remportée. Ne restaient plus que les marathas, décimés par les invasions afghanes qui avaient détruit leur puissance au milieu du XVIIIe s. La deuxieme guerre (1803-1805) contre eux vit une victoire décisive du fameux duc de wellington (sa plus grande victoire selon ses dires) à Assaye. puis une autre a Argeon. Mais ils ne furent anéantis qu'en 1818.

Les forts des moghols servaient à impressionner et à être confortable, et ceux que j'ai montré n'étaient d'ailleurs pas situés aux frontières de l'empire mais au coeur (en fait, en plein dans leurs capitales). L'empereur, par exemple, vivait très souvent dans le fort rouge de Delhi, une ville par ailleurs très peu menacée au cours de l'ère moghole (elle est d'ailleurs celle qui est restée la plus longtemps entre leurs mains). Lahore aussi semblait peu menacée. Et puis, la plupart des ennemis de l'empire avaient une artillerie relativement limitée.
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Empire moghol
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